
| NOTRE INVITÉ : JEAN-PAUL LEBAS, PRESIDENT DE L’ACAD ET DIRECTEUR ASSOCIE DE PARTENAIRES DEVELOPPEMENT | ||||
Depuis 2008, Jean-Paul Lebas préside l’ACAD 1 , association à laquelle adhère CODRA et qui regroupe plus de 110 structures de conseil, expertes en aménagement urbain et en développement des territoires. En ce début d’année plutôt tourmenté pour les collectivités locales, nous souhaitions l’interroger sur les perspectives de 2012 qui sont annoncées sous le signe de l’austérité : emprunts toxiques, crise économique, interventions de l’Etat en berne, échéances électorales….. Conscient de ces enjeux pressentis Jean-Paul Lebas fourmille d’idées et de conseils pour rester positif ! Lisez plutôt… Dans nos métiers, il faut évoluer vers de l’innovation technologique. Nos structures sont détentrices d’un savoir-faire qu’il faut valoriser en allant vers davantage de Recherche et Développement. Par exemple, sous l’égide d’Advancity 2, trois sociétés concurrentes viennent de se regrouper pour créer une plate-forme commune de visualisation 3D des projets. Avec quelques autres, nous réfléchissons à créer un « think tank » sur la gestion urbaine (« Métropole Gestion Urbaine ») dans l’objectif de maîtriser l’explosion des coûts pour les communes concernées par les PNRU 3. EV: Dans notre lettre n°4, nous tirions déjà la sonnette d’alarme sur les pratiques de certains maîtres d’ouvrage dans les sélections des prestataires. Doit-on craindre un retour de ces pratiques ? Quels conseils adresser à nos clients ? CBo: Faut-il être pessimiste ou garder son optimisme pour nos professions qui apportent conseils réels, qualité et sérieux des prestations aux collectivités ? |
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![]() Aujourd’hui, on voit encore énormément d’appels d’offre théoriquement destinés aux métiers que nous représentons, mais qui paradoxalement exigent un architecte urbaniste mandataire, même en l’absence de besoin en composition urbaine. Dès lors que l’on parle projet urbain, les élus pensent devoir s’adresser à « l’architecte-urbaniste »…Récemment, j’ai assisté à une commission d’appel d’offre pour la Communauté d’Agglomération de Grenoble. Nous avions décidé de faire un lot pour la composition urbaine, un autre pour la programmation urbaine et un 3ème pour les déplacements. J’avais convaincu les élus de cet avantage : dans le cas d’un appel d’offre global, bien souvent, l’architecte urbaniste domine le groupement. Dans cette configuration, les acteurs sont indépendants les uns des autres, conservent leur autonomie de penser et sont plus créatifs que s’ils étaient tous les trois ensemble.. Les élus bénéficient de la quintessence des réflexions des uns et des autres et l’on améliore la dialectique. Ce n’est pas une formule magique, mais elle reste à envisager selon les cas. Par ailleurs, ce mode d’organisation ne coûte pas plus cher au maître d’ouvrage. EV: Comment insuffler un changement dans nos pratiques, pour faire changer celles de nos clients ? Je conseillerais volontiers aux adhérents de l’ACAD, d’aller passer quelques jours à Francfort, Munich ou Rotterdam. Il est surprenant de constater l’avance des Allemands ou des Hollandais en matière d’éco-mobilité et de vélo en particulier. En France, on fait des pistes cyclables mais en termes de qualité de service, on n’a pas avancé, sauf peut-être la « Loire à vélo ». La part modale du vélo parle d’elle-même. Quand Strasbourg - la meilleure élève - affiche 8%, à Francfort, c’est 13%. Et aux Pays-Bas, la plupart des villes ont une part à 20% ! Donc, il faut aller chercher de bons exemples, au-delà des frontières, ici et ailleurs, et s’en inspirer. | ||
Propos recueillis par Cécile BOUCLET et Les sites internet de l’ACAD et de Partenaires Développement: | ||||