19 septembre 2016 LA QUARANTIEME: ÇA SE FÊTE !

Ça n’a peut-être l’air de rien mais depuis sept ans que nous avons décidé de produire cette lettre d’actualité du Codra, nous en sommes à la quarantième. Nous remercions tous les contributeurs et les interviewés mais aussi et surtout les rédactrices en chef ainsi que notre créatif webmaster, qui restent mobilisés sur l’objectif de vous faire partager nos expériences et réflexions. Nous ne faisons pas le décompte des clics à chaque publication mais quelques témoignages – généralement bienveillants – suffisent à nous motiver pour l’édition suivante.

Que dire du contexte de l’activité en ce mois de novembre 2014 ? Plutôt maussade dans l’ensemble, il est assez préoccupant pour l’avenir. Nos maîtres d‘ouvrage, principalement les collectivités, intègrent progressivement la logique de contraction budgétaire, ce qui n’est pas favorable aux études. Nous sommes aujourd’hui confrontés à différents cas, aux conséquences convergentes. Par exemple, certaines collectivités ne lancent plus d’études (qui pourraient déboucher sur une augmentation de leurs dépenses…). De fait, le carnet de commandes s’affaisse et affaiblit nos structures de conseil. Autre cas, les cahiers des charges restent les mêmes mais les budgets alloués sont diminués, parfois de moitié (notre production ne peut être délocalisée à l’étranger, que je sache ?). Certains prestataires se positionnent néanmoins (faute de grive…) mais en prenant le risque de difficultés économiques à court ou moyen terme ou en ayant recours à une « main d’œuvre bon marché ». La conséquence, tôt ou tard, sera une diminution de la qualité des prestations.

A côté de ça, notons tout de même un regain de la commande de documents de planification de l’urbanisme, avec la mise en œuvre de la loi MAPAM et l’échéance fatidique de décembre 2015. Alors là, ça bouge tellement qu’il n’y aura pas assez de têtes pour fournir, dans de bonnes conditions de réalisation s’entend… Bref, j’arrête là, on va me dire que mon édito est pessimiste !

Pour être positive, je rappelle que l’investissement correspondant à une étude sérieusement conduite est finalement « epsilonesque ». La bonne idée ne serait-elle pas, par exemple, d’inscrire dans les cahiers les charges une exigence de redéploiement des moyens existants consacrés à telle ou telle politique ?

Au sommaire de cette nouvelle édition, quelques sujets d’interpellation.

Commençons par notre invité, le Maire de Gressy, petite commune de Seine-et-Marne, qui participe à la Commission Régionale de Coopération Intercommunale. Sans langue de bois, Monsieur Geniès porte un discours réaliste sur les grandes manœuvres actuelles en Ile-de-France, jusqu’à évoquer la réduction du nombre de communes en France. Catherine Brown est allée à sa rencontre.

Le mois de novembre 2014 étant aussi le mois anniversaire de la Grande Guerre, Claire Philippe a été inspirée par la Meuse où elle conduit l’élaboration du Plan Départemental de l’Habitat. Il y a, autour de Verdun, des communes « mortes pour la France ». Elle nous explique ce dont il s’agit et suggère, au regard de ce cas d’espèce, qu’il ne serait pas si facile de réduire le nombre de communes. A ce propos, je vous invite à relire l’article de Bernard Schaefer dans notre précédente édition.

Pour changer de cadre tout en restant dans l’idée de bouger les lignes, Gilles Durand, en direct de La Réunion, qui souffre tout particulièrement d’un chômage chronique, a voulu pointer l’impossibilité – du fait, entre autres, du Schéma d’Aménagement Régional – de proposer des espaces d’activités adaptés aux TPE/PME en dehors des pôles urbains majeurs. Est-ce que l’on ne se prive pas de développement ?

Pour terminer, François Péron nous présente les ZTL : Zone à Trafic Limité. Les expériences italiennes en la matière pourraient inspirer davantage d’expérimentations innovantes, comme Nantes vient de le faire. Une dernière chronique exotique et néanmoins européenne.

Je voulais, pour terminer, rendre hommage à Marc Wiel, dont la disparition récente a ému tous ceux qui avaient pu le côtoyer au BERU (l’ancêtre du Codra), à la fac, ou dans de nombreux colloques où son expertise était souvent sollicitée.

Bonne lecture d’automne.

Cécile Bouclet